vendredi 21 novembre 2008

Prisonniers politiques

Le president de l'élément National de l'AFPC, Daniel Kinsella, debout à gauche, et Peter Leibovitch des Métallos rendent visite à des prisonniers politiques. Assis de gauche à droite: Arnaldo Seminiano, organisateur syndical, Emmanuel Dioneda, éducateur syndical, Rogelio Gali ,leader d'un groupe de fermiers, Nestor San Jose du syndicat des conducteurs « Jeepney » , Crispin Zapanta, Bayan Muna président de « party list » au Southern Tagalog, et
Remegio Saladero, avocat en droit du travail.

Au cours des dernières années, les syndicats canadiens ont envoyé des lettres à la présidente des Philippines, Mme Gloria Macapagal Arroyo, pour protester contre une série de violations de droits de la personne dans le pays. Sous son administration, les séries d’assassinats politiques, d’arrestations illégales, d’enlèvements, de tentatives de harcèlement et d’intimidation des activistes gauchistes et syndicaux ont été directement liées aux forces armées et policières des Philippines par le rapporteur spécial des Nations Unis, M. Philip Alston. Les protestations internationales ont semblé être efficaces, puisque les assassinats politiques en 2008 ont diminué considérablement. Toutefois, la répression politique a pris une forme différente.

Le 13 novembre, la journée où les membres de la mission syndicale sont partis pour les Philippines, M. Emmanuel Dioneda, un enseignant et activiste syndical, a été ramassé par un fourgon militaire alors qu’il se rendait au marché. Il a été détenu dans un camp de police avant d’être transféré à la prison provinciale de Mindoro. Les accusations contre lui? Avoir participé avec des rebelles à une embuscade contre la police dans l’est de Mindoro. M. Dioneda est un surviveur de polio et a un handicap depuis son enfance.

Le gouvernement de la présidente Arroyo a émis des mandats d’arrestation pour 72 Philippins, dont 30 sont des activistes syndicaux et paysans. Six ont été capturés et sont en prison sur l’île de Mondoro en attendant leur audience, y compris M. Dioneda et l’avocat syndicaliste Regemio Saladero, qui a été arrêté chez lui par des militaires en habits civils, le 23 octobre. Trois des membres de la mission ont pris le traversier et ont visité la prison provinciale le 17 novembre.

L’aire de visite de la prison consiste en une cour non pavée, de la taille d’un champ de football, entourée de bâtiments de détention minables. Une barrière en maillons de chaîne surmontée de fil barbelé constitue la seule sortie sur le monde extérieur. Les prisonniers et leurs visiteurs erraient dans la cour ou étaient assis à des tables et sur des bancs dans un coin de la cour. Les délégués et leurs hôtes étaient dans un autre coin avec six prisonniers politiques. Maître Saladero, le premier des six à être arrêté, était assis près de son épouse qui lui avait apporté des injections d’insuline. M. Rogelio Galit, un dirigeant paysan, souffre aussi du diabète et était cloué au lit la journée de son arrestation. Il n’y a pas de personnel médical à la prison.

À mesure que les prisonniers faisaient le récit de leur arrestation, une tendance se dessinait. Les policiers et les militaires les ont arrêtés dans la rue ou à leur domicile, ne leur ont pas lu leurs droits et ne les ont pas informés de ce dont ils étaient accusés. De même, le procureur n’a pas entrepris d’enquête préliminaire, ce qui aurait permis aux suspects de présenter des preuves contraires aux enquêteurs. Selon Maître Saladero, en vertu de la loi des Philippines, aucun cas ne peut être présenté en cour sans qu’une enquête préliminaire n’ait été menée.

«Dans nos cas, si le juge suit la procédure établie, les accusations seraient levées», a déclaré Maître Saladero.


Tous les six ont dit qu’ils étaient traités relativement bien en prison, mais qu’ils espéraient en sortir bientôt. Les membres de la mission feront tout ce qu’ils peuvent au Canada pour s’assurer que leur vœu est exaucé.

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